Frontières…

« Nous fréquentons les frontières, non pas comme signes et facteurs de l’impossible, mais comme lieux du passage et de la transformation.
Dans la Relation, l’influence mutuelle des identités, individuelles et collectives, requiert une autonomie réelle de chacune de ces identités.
La Relation n’est pas confusion ou dilution. Je peux changer en échangeant avec l’autre, sans me perdre pourtant ni me dénaturer.
C’est pourquoi nous avons besoin des frontières, non plus pour nous arrêter, mais pour exercer ce libre passage du même à l’autre,
pour souligner la merveille de l’ici-là. »

Edouard Glissant

• Objet :
Ce projet interroge la notion de frontière à la fois perçue comme lieu structurant et comme lieu d’enfermement. L’association met en perspective ce paradoxe.

• Où ?
Implantée à Avignon l’association se propose de partir des lieux où elle se trouve. La frontière entre intra et extra muros incarnant la séparation entre ceux qui vivent dedans et ceux qui vivent dehors. Le projet Frontières participe à la création de nouveaux liens entre ces deux entités. Il dessine de nouveaux chemins, un territoire de partage. Frontières interroge ce processus à partir de son environnement dans un premier temps, et élargit ensuite son horizon à une échelle plus vaste, sans pour autant perdre de vue son territoire d’origine. Il s’agit de faire dialoguer l’ici et l’ailleurs, mettre en corrélation le proche et le lointain.

• Comment ?
Parce que la poésie énonce le monde en tant qu’acte fondateur et qu’elle participe de plain pied à l’élaboration des civilisations, cette dernière sert alors d’alphabet à ce projet. Elle forme un espace de dialogue et d’expérimentation matérialisé par des rencontres, des ateliers, des créations communes. La poésie ne s’arrête pas au cadre de la page, au contraire, débordant en permanence par les moyens utilisés (expression du geste, vidéo, théâtre, arts plastiques…).

• Avec qui ?
Ce projet propose d’associer plusieurs groupes de part et d’autre des territoires. Plus particulièrement dans des lieux qui se situent dans des frontières symboliques (classes sociales, origines culturelles, histoire de vie) ou réelles (lieux de relégation sociale, lieux de précarité…) mais également lieux de transition (écoles, rivages). Il s’agit de mettre en oeuvre une réflexion et des créations entre ceux qui sont perçus comme « initiés » ou « professionnels » – poètes, plasticiens, artistes, philosophes, professeurs… et jeunes, élèves, détenus – considérés ici comme acteurs de leur vie à part entière.