Jour 55

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Cette lumière était espérance de justice : je ne savais laquelle : la Justice.La lumière est toujours pareille à la lumière.Puis elle changea : de lumière, elle se fit aube incertaine,une aube qui croissait, qui grandissaitsur les champs du Frioul, sur les canaux.Elle éclairait les journaliers en lutte.Ainsi l’aube naissante fut une lumièreen dehors de […]

Jour 54

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L’apparition de l’oiseau qui vole etrevient et qui se posesur ta poitrine et te transforme en grain,grumeau, goutte céréale, l’oiseauqui vole à l’intérieurde toi, tandis que tu devienspure transparence,pure lumière,ta pure matière, corpsabsorbé par l’oiseau.(…) Dans l’assoiffé, l’obscur, le rapidedéchirement du jourt’es-tu peu à peu changé en autre choselimitrophe de toi,pas toi.Tu ne teretrouves passi […]

Jour 53

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Le bât de la bouche Fragments A Jan Voss,   La vie un peu d’eau quelques mots sur la langue Il n’y a que le visible seulement il s’ampute de lui-même pour être le jour sans la nuit Les signes eux sont toujours noir sur blanc Le lisible est lié à l’obscur La mort écrit […]

Jour 52

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Étrange comme la lumière Tout ce qu’il faut de lumière, toutce qu’il faut d’ombre pour tenir au faîtede soi-même, être libre, crois-tu, être vraiepour autant que cela veuille toujours direquelque chose, aujourd’hui que soufflentsur tes pas les vents dursta main s’agrippe où persiste l’éclaircie. C’est en haut, tout en haut qu’est ta vietu entres par […]

Jour 51

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Ligne.Crêtre.Passagesi étroitde témoins.Ligne.CrêteÊtre.Êtreau passageoù l’oublise faitmais aussioù l’oubliestinsupportableetimpossible. Sur sa fin,l’oubline se fait pasoublier. Ce nom dit.Il porte déjàson silence. Tu esce chemin,ce pasoù tu porteston absence.Tu marches,tu saiston absencedans ton dos,sans savoirsi c’est l’oublisi l’oubli se faitou pas. Tu es ce chemin.Ce nom ditpas.L’oubli porteson pasdans ce passageétroit. C’est ligne,crête,être. Tu n’oubliesriende l’abrupten chemin,tu […]

Jour 50

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Ça ne bouge même pas. C’est comme sur le ciel la trace d’un vol mais sans les oiseaux ou comme le bruit de l’eau mais sans eau. Ça n’est pas là. C’est, en toi, ce qui n’est ni ton corps ni, dans ton regard, l’éclat qui porte ton nom. c’est sans mot, mais ça insiste […]

Jour 49

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Près du songe, la pierre du toit,la poussée,le cri, la vocifération et les feuillesqui palpitent,milliers de soupirs jetés en pâtureau ciel,peu à peu je deviens, je monte,je m’agrippe.   Un bras et un coude, ma branchene casse pas,cristal de l’incertitude, elle se plaîtà l’angle,depuis la terre, elle élance son dessin,une sèveexubérante, l’eau lourde qui m’irrigue,je […]

Jour 48

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Parole du rêve Alors que là-haut Me revenait le rêve J’étais seul Oiseau à l’orée de la nuit. Sans me faire verbe Il a légué à l’encre ses éléments Et à mon sang Un peu de ses forêts et de ses mystères. J’ai appris comment le vent Peut devenir un heaume pour ses voyages, J’ai […]

Jour 47

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Dans la démesure des torrents dis-moi les jours faciles ceux qui viennent de loin soustraire les plis de la mémoire à la mesure d’un pain chaud la table servie, le poème en creux dans cette soif, dans cette faim le rythme quotidien, le pas sur la page Il suffit d’aller et nous le savons bien […]

Jour 46

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Libère-toi de toiva profonddans les espaces ténébreux vers ta lumièreLa boue de la soumissionmenace-la d’une tempête Habite sous la coupole de ton silenceTa nuit a des bassins de lumièreTa joie à présentest un videIl se creuse inodore dans ta poitrineTes souffles ont fonduleur flamme Tu l’accompagneset elle s’infiltre par des trous égaréspuis elle trouve une […]

Jour 45

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Beau comme… Beau comme une haute vague écumante jaillissant dans un globe de cristal. Beau comme un léger souffle dans le tulle de la vie. Beau comme un pleur à la pointe d’un jour radieux sur un visage parfaitement immobile. Beau comme la flamme. Beau comme un immense ciel insondable percé d’une étoile de dernière […]

Jour 44

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Il devrait n’être point de désespoir pour toi Tant que brûle la nuit les étoiles,Tant que le soir répand sa rosée silencieuse,Que le soleil dore le matin. Il devrait n’être point de désespoir, même si les larmesruissellent comme une rivière :Les plus chères de tes années sont-elles pasAutour de ton cœur à jamais ? Ceux-ci […]

Jour 43

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Je fore Je creuse.   Je fore Dans le silence   Ou plutôt Dans du silence,   Celui qu’en moi Je fais.   Et je fore, je creuse Vers plus de silence,   Vers le grand, Le total silence en ma vie   Où le monde, je l’espère Me révèlera quelque chose de lui.   […]

Jour 42

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C’est à vous que je parle, homme des antipodes, je parle d’homme à homme, avec le peu en moi qui demeure de l’homme, avec le peu de voix qui me reste au gosier, mon sang est sur les routes, puisse-t-il, puisse-t-il ne pas crier vengeance ! L’hallali est donné, les bêtes sont traquées, laissez-moi vous […]

Jour 41

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« Si je n’ai une autre voix… » Si je n’ai une autre voix qui me dédoubleCe silence en écho d’autres sons,C’est parle, parler encore, jusqu’à dévoilerLa parole cachée de ce que je pense C’est, brisé, la dire entre des détoursDe flèche qui elle-même s’envenime,Ou mer haute coagulée de naviresOù le bras noyé nous fait signe. C’est […]

Jour 40

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Je range tes lettres comme des papillons ou je ne sais quoi. Comme des pages de lumière vivante qui battent des ailes avant qu’on ne repousse le tiroir. Je les entends remuer la nuit, le jour. Tu sais à quelle vitesse s’éteignent ces brasiers qui nous font croire plus vivants. Cette sorte d’amour. On a […]

Jour 39

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Je t’aime. On n’entend rien Parfois le mot aimer convient, On le sait sans pouvoir se l’expliquer. Il semble que cela emporte où c’est comme plus rien Comme plus rien mais pourtant Le plus solide contentement. Ni désastre ni parousie, on ne saurait pas dire Ni rien ni tout ni l’insignifiance, On n’a que deux […]

Jour 38

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Accepter ne se peutComprendre ne se peutOn ne peut pas vouloir accepter ni comprendre On avance peu à peuComme un colporteur D’une aube à l’autre (…)   Que les oiseaux vous parlent désormais de votre vie.   Un homme en ferait trop d’histoireset vous ne verriez plus à travers ses parolesqu’une chambre de voyageur, une […]

Jour 37

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Quelque chose se passe, et du moment que cela a commencé, rien ne sera plus jamais pareil. Quelque chose se passe. Ou rien ne se passe. Un corps entre en mouvement. ou reste immobile. S’il se meut, quelque chose commence. S’il reste immobile, quelque chose commence aussi. Cela vient de ma voix. Et pourtant ces […]

Jour 36

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Notre regard n’est pas fait pour voir, mais pour qu’à travers nous le monde puisse se voir.   Écrire, c’est se tenir à côté de ce qui se tait   À force de toujours emporter son corps avec soi à tout instant, de le tirer vers le dedans : pourra-t-on demeurer un jour dans ses gestes ? […]